L’intervention de l’homme pour façonner la matière n’a pas été bénéfique en toutes circonstances. Il y a eu souvent une sorte d’esclavage du règne minéral contraint de suivre la pensée humaine, même viciée. La pierre est ainsi devenue esclave des ambitions des bâtisseurs ou de leurs commanditaires : au début, tout est harmonie, intelligence mutuelle, puis une trop grande témérité conduit à la catastrophe. L’auteur remonte la cascade des siècles pour en donner des exemples. Erreur répétée, celle de la juxtaposition, sous un même fardeau et côte à côte, de deux architectures de sensibilité différente : elle a été fatale aussi bien au pharaon Chéops qu’aux bâtisseurs de campaniles ou à Soufflot, l’architecte du Panthéon français. Jean Kerisel est connu de nos lecteurs par les nombreux ouvrages à caractère technique ou historique qu’il a publiés. Familier des égyptologues de profession, il a déploré, en maintes circonstances, leur ignorance de certains aspects techniques et, parfois même, leur mépris pour les spécialistes des sciences exactes et des sciences de la terre: géologues, hydrologues, etc.
Jean Kerisel
Jean KERISEL (1908-2005) a apporté une contribution essentielle au progrès de la géotechnique. Il fut président du Comité National Français et de la Société Internationale de Mécanique des Sols et de Travaux de Fondation, et président de la Société des Ingénieurs Civils de France.
Gendre d’Albert CAQUOT, il a bien connu tous les aspects de l’œuvre considérable et multiforme de celui-ci et collaboré avec lui à la réalisation de nombre d’ouvrages.



